Cette parole de l'imam Ibn 'Abd Al Barr illustre avec beaucoup de clarté un principe fondamental de la croyance musulmane : Allah ne ressemble en rien à Sa création. Lorsqu'un texte révélé emploie une expression qui, prise au sens humain, impliquerait une ressemblance avec les créatures, les savants ont toujours veillé à préserver la transcendance et la perfection d'Allah.
Dans cette citation, Ibn 'Abd Al Barr explique que la parole du Prophète ﷺ « Allah rit » signifie qu'Allah accueille Son serviteur avec Sa miséricorde, Son agrément, Son pardon et Son indulgence. Il précise ensuite que le terme « rire » est employé de manière métaphorique et qu'il ne peut être attribué à Allah comme il l'est aux êtres humains.
“
Quant à la parole du prophète ﷺ « Allah rit », cela signifie qu'Allah accueille avec Sa miséricorde, Son agrément, Son pardon et Son indulgence. Le terme « rire » est ici employé de façon métaphorique (majaz). Le rire ne peut pas être attribué à Allah de la même manière qu'il l'est pour les êtres humains. Car « rien ne Lui ressemble » et aucune chose ne peut Lui être comparée.
L'imam Ibn 'Abd Al BarrAl Istidhkar - tome 5, page 97
Cette explication s'inscrit dans une tradition savante ancienne. Les grands imams malikites ont constamment affirmé que le Créateur est absolument incomparable à Sa création. Ils ont défendu avec force Sa transcendance, rejeté toute forme d'anthropomorphisme et rappelé que les attributs d'Allah doivent être compris d'une manière conforme à Sa majesté et à Sa perfection.
Préserver cette transcendance n'est pas un simple débat théologique. C'est préserver la pureté du monothéisme et reconnaître qu'Allah est exempt de toute imperfection, de toute limite, de tout changement et de toute ressemblance avec les créatures. C'est pourquoi les savants ont accordé une attention particulière à ces questions, afin que les textes révélés soient compris sans porter atteinte à la grandeur d'Allah.
Cette citation constitue donc un précieux témoignage de la manière dont un grand imam malikite comprenait ces textes. Elle rappelle que l'étude des ouvrages des savants est indispensable pour connaître fidèlement leur pensée, et qu'il convient de rester prudent face aux affirmations attribuées à certains imams sans retour direct à leurs écrits.